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mardi, décembre 10, 2013

Michel PETRUCCIANI - documentaire de Michael RADFORD

Si vous voulez découvrir Michel PETRUCCIANI, l'homme, le musicien et sa musique, je vous conseille ce documentaire réalisé par Michael Radford :
https://www.youtube.com/watch?v=YNd6H1jdVRI
De Michel PETRUCCIANI, je disais qu'il avait les doigts qui dansaient.




Difficile d'expliquer une énigme, de cerner un musicien comme Michel Petrucciani. Pianiste et compositeur hors du commun, il défila comme un météore dans le monde du jazz, laissant le souvenir d'un génie disparu très tôt, le 6 janvier 1999, à l'âge de 36 ans. Le réalisateur britannique Michael Radford, formé à l'école du documentaire de la BBC, s'y risque, même s'il n'a pas connu son modèle. Pour cela, il laisse à de nombreux
témoins anonymes (des inserts auraient été les bienvenus !) le soin de puiser dans leurs souvenirs épars, parfois plus fictifs que réels. Ou, mieux, de témoigner de tout leur cœur sur ce surdoué, doté d'une incroyable énergie vitale malgré son handicap, la maladie des os de verre (ostéogénèse imparfaite) qui limita sa croissance à 99 centimètres.
C'est ce foisonnement de paroles et de musiques, cet émerveillement devant un artiste habité par son art qui font la richesse humaine de ce portrait par procuration. On va droit à l'essentiel, sans perdre de temps, à l'image de ce petit homme pressé de vivre parce qu'il se sait condamné. Il faut le voir tirer de son piano une sonorité unique, tricoter à toute vitesse des séries d'accords, des canevas harmoniques de toute beauté. Un bonheur sans égal, partagé par les nombreux partenaires qui ont travaillé avec lui: le trompettiste Clark Terry, le batteur Aldo Romano ou le saxophoniste Charles Lloyd qui l'accueillera dans sa maison de Big Sur, en 1982.
«Au lieu d'être une bizarrerie, j'ai voulu être une exception. Je n'ai pas le choix», avouait non sans humour Michel Petrucciani. Et il deviendra cette exception dès 12 ans lorsqu'il se produit sur scène avec son père, guitariste, et son frère Louis, bassiste. Il écoute Duke Ellington, étudie la musique classique, travaille son instrument neuf heures par jour, s'enregistre, se critique. La rage au ventre, il acquiert une solide technique. «La plus belle main gauche du monde», dira plus tard le chef Lorin Maazel.

Charme et vertige 

Voilà pour le musicien dont on découvre la fantastique carrière aux États-Unis, qu'il veut conquérir à 18 ans. Un rêve d'enfant qu'il réalise avec tout son enthousiasme, apprenant même à marcher avec des béquilles, lui que ses amis ont porté dans leurs bras pendant longtemps. Incapable de se plaindre, amoureux de la vie et des femmes, le portrait serait incomplet sans la présence de celles qui ont suivi -souvent pas longtemps- le chemin de cet électron libre.
Erlinda Montano, une Indienne Navarro, sa première épouse, abandonnée du jour au lendemain, trouve les mots justes pour expliquer comment elle est tombée amoureuse rapidement de ce feu follet. D'autres, Shelly, Marie- Laure, Gilda, Isabelle racontent comment elles sont tombées sous le charme, comme prises de vertige. Elles forment avec d'autres témoins, le grand producteur Francis Dreyfus, disparu depuis, ou le propre fils de Michel Petrucciani, Alexandre, une communauté chaleureuse et fraternelle réunie autour d'un artiste qui faisait rêver. Il repose aujourd'hui au Père-Lachaise, au côté de Frédéric Chopin.
http://www.lefigaro.fr/cinema/2011/08/16/03002-20110816ARTFIG00522-un-documentaire-en-forme-d-ode-a-michel-petrucciani.php

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