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jeudi, octobre 30, 2014

Ce que les ados ont à nous apprendre

Avant de vous proposer cet article, j'aimerais vous soumettre ce petit texte : 

"Notre jeunesse aime le luxe, elle est mal élevée,  elle moque de l'autorité et n'a aucune espèce de respect pour le anciens. Nos enfants d'aujourd'hui sont des tyrans. Ils ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans la pièce, ils répondent à leurs parents et sont simplement mauvais"

Qui a écrit cela ?

Socrate, 470 - 399 avant JC...


Drôle, non ?

http://www.lexpress.fr/styles/psycho/ce-que-les-ados-ont-a-nous-apprendre_957716.html

Par  publié le 

Renfrognés, insolents, désordonnés: les idées reçues sur les jeunes vont bon train. Ils sont pourtant une vraie richesse pour notre société.

Ce que les ados ont à nous apprendre
Les jeunes ne sont-ils que des affreux jojos rivés à leurs écrans?
Marianne Ratier pour L'Express Styles.
Les ados? Tous à fourrer dans le même Eastpack! Une bande de feignants-profiteurs-mal lunés, rivés à leurs écrans et confondant "maison" avec "hôtel-restaurant". C'est du moins ce qui ressort de n'importe quel échange "spontané" entre parents. Lesquels ont oublié qu'à 16 ans eux aussi bachotaient la veille du contrôle, et squattaient le téléphone familial au sortir du lycée (comme leurs enfants se ruent sur Facebook). Débiner nos ados aide sans doute
à conjurer l'angoisse que nous inspire leur avenir. Ça défoule, aussi... comme la lecture de l'hilarant Guide du toujours jeune père, de Pierre Antilogus et Jean-Louis Festjens (sous-titré Enfin la vérité sur les ados! Et c'est pas joli joli... éd. Michel Lafon), qui liste notamment tout ce que l'adolescent est incapable de faire, comme refermer le pot de Nutella ou mettre son linge sale au sale. Chacun y reconnaîtra ses affreux jojos. Pourtant, ce portrait à charge est incomplet. Nos ados n'ont pas que des défauts. A l'aise dans leurs Converse, ils captent instinctivement des vérités de l'époque qui nous échappent encore. Et si, dans un univers ultracompétitif, leur individualisme forcené - qui n'interdit ni l'enthousiasme ni la générosité - était une forme de sagesse? Et si leurs valeurs et leurs modes de vie pouvaient aussi nous inspirer? Professeur de pédopsychiatrie au centre hospitalier Henri-Laborit de Poitiers, auteur de nombreux ouvrages (Dernier ouvrage paru : Dictionnaire de l'adolescence et de la jeunesse, PUF, 928 p., 35 A.), le psychiatre Daniel Marcelli en est persuadé. A condition, bien sûr, de porter sur eux un regard plus humble, moins bardé de certitudes. Dans un monde mouvant, les adolescents, pragmatiques et champions de l'adaptabilité, ont beaucoup à nous apprendre. Mieux, quand on en prend enfin conscience - témoignent certains parents -, la relation s'enrichit et les tensions familiales s'apaisent. Oui, les adolescents sont infichus de ranger leur chambre, mais ils peuvent, en revanche...

Nous réconcilier avec le lâcher-prise

"C'est exaspérant de les voir avachis pendant des heures", admet Paul, 50 ans, architecte, séparé de la mère de ses deux ados. "Mais en fait, c'est de la "glande productive"! Via des canaux qui nous sont inconnus, ils apprennent plein de choses. A Noël, mon Alice de 16 ans s'est lancée dans une tirade sur les retraites. Moi qui la croyais "manipulée", lors du blocus de son lycée! Elle avait tout pigé. Et puis, un groupe d'ados ramollos qui décide de faire un truc... c'est une nuée de moineaux qui s'envolent! Ils aiment les séquences rapides, légères... J'ai compris, je m'adapte. Avant, les week-ends avec eux, je remplissais le frigo. Je jouais les pères parfaits, je cuisinais, et on s'engueulait pour débarrasser. Maintenant, je les emmène au resto indien, et on se parle! Puis on va se balader, à l'endroit de leur choix. Je profite beaucoup mieux d'eux." 

Nous apprendre à vivre avec notre temps

Les voir pianoter des Textos tout en consultant leur Facebook et en zappant sur Omar et Fred nous exaspère. N'empêche, on envie secrètement leur agilité, leur côté multitâche. "Je ne m'énerve plus là-dessus. Du coup, par mimétisme, j'ai évolué", avoue Marion, 46 ans, commerciale. "Je me plaignais de ne plus voir mes amis, trop crevée pour leur téléphoner. Aujourd'hui, j'organise ma semaine en envoyant des SMS le dimanche soir devant un film. Très efficace! Au bureau, je suis devenue assez douée pour traiter mes e-mails en conf' call. Avant, pour moi, faire deux choses à la fois, c'était inconcevable. Les ados manipulent les ordis de manière tellement instinctive que ça finit par te décoincer. J'explore plus qu'avant, je ne lis plus les notices. Comme si j'utilisais des parties de mon cerveau restées en friche!" 

Nous aider à carburer (à nouveau) en mode "passion"

L'adolescent a souvent des engouements chronophages n'ayant rien à voir avec le contenu des programmes scolaires. Pour Simon, 16 ans, raconte Nicolas, artisan, 48 ans, c'est le "fixie", le (très mode) vélo à pignon fixe des coursiers de San Francisco. "Ça lui fait faire du sport, mais c'est totalement addictif! J'ai d'abord pensé: "Mais pourquoi ne consacre-t-il pas le dixième de cette énergie à sa scolarité?" Puis je me suis aperçu que c'était pour lui - un garçon assez renfermé par ailleurs - une porte d'entrée sociale. Les randos rassemblent des milliers de mordus. J'en ai croisé certains, des trentenaires, qui adorent mon fils. A le voir aussi épanoui et passionné, j'ai fini par m'interroger moi-même sur le fait que je ne faisais plus des trucs comme ça, inutiles, jouissifs, qui rendent bêtement heureux les mecs. Et je me suis remis au vélo! Un bonheur! C'est Simon qui gère mon vélo, répare, vérifie l'équipement. Je lui ai confié le dossier, il s'en tire impec!" 

Nous faire remettre le boulot à sa place (pas forcément la première)

"Augustin (17 ans), pourtant bon élève, je le vois plus souvent devant la télé qu'avec ses bouquins, déplore Lisa, 45 ans, consultante. Sa soeur, Anna, elle (15 ans), a carrément viré son bureau de sa chambre: ça l'empêchait de répéter sa comédie musicale! Je ne sais plus sur quel levier appuyer pour les motiver. Mais je m'inquiète moins qu'avant. Leur résistance à la pression, c'est peut-être leur "force tranquille" à eux? A 15 ans, Augustin, fou de pâtisserie, pouvait passer trois heures à réaliser une recette de Pierre Hermé. Il sait donc mobiliser ses forces quand il le décide! Moi, à son âge, j'ai énormément bossé. On était une génération laborieuse, stakhano. La leur, qui a souvent vu ses parents se faire éjecter de l'entreprise à 50 ans, ne veut plus tout investir dans le travail. Ça se comprend!" 

Le mot de Marie-Rose Moro, chef de service de la Maison des adolescents à l'hôpital Cochin

"Quand les relations familiales sont difficiles, c'est souvent que les parents sont aussi en crise. Ils sont à l'âge où ils vivent des ruptures, des transformations. L'exigence de leurs ados, qui les oblige à s'interroger sur leurs valeurs et leurs contradictions, est très positive... Leur vitalité, leur capacité d'engagement peuvent aussi les inspirer. Leur façon de redessiner les frontières entre l'intime et le collectif, via les réseaux sociaux, incite certains adultes à se rouvrir au monde. Il ne s'agit pas de copier leurs codes, de tomber dans le jeunisme. Mais d'accueillir tout ce que les adolescents ont à nous offrir, avec un regard curieux et positif."  


 

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