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dimanche, février 22, 2015

"Lettre à la femme de ma vie" - par Serge Joncour

Serge Joncour

Auteur de "Combien de fois je t'aime"

"Merci mon amour, mon grand Amour, merci de ne nous être jamais trouvés. Merci à toi, femme de ma vie qui ne s’est jamais présentée, pourtant je t’ai attendue longtemps, depuis toujours sans doute, plus d’une fois dans la rue j’aurai cru te deviner dans la silhouette de mille contemporaines, des passantes, des anodines de belle allure, dans les bras de quelques-unes aussi j’aurai cru plus d’une fois ressentir l’évidence de ton parfum. Mais non, jusque-là ce n’était pas toi. Mon amour, mon grand Amour, tu ne seras jamais venue. Total, grâce à toi j’ai eu mille vies, mille espérances, dans l’espoir de t’y découvrir, j’aurai accepté tous les voyages, toutes les soirées, toutes les sorties les plus inutiles, quand je ressortais le soir, c’était toujours plus ou moins avec l’arrière-pensée de t’y retrouver, à chaque fois sans doute j’y serai allé dans l’espoir de ce rendez-vous-là, le nôtre, fondé sur l’imprévu.

Mine de rien, t’auras toujours été présente, bien plus fidèle que le plus ancien ami, bien plus présente que n’importe quel parent, depuis toujours je t’ai en tête, tu es en moi, de la façon la plus abstraite, la plus intime et la plus permanente, tu es là. Tu es cette idée que je tiens au chaud, femme de ma vie, comme si toute vie nous devait ça, comme si toute vie offrait la résolution du partage total, de l’harmonie, de la fusion. Je ne sais pas. Amour, mon grand Amour, si tu n’es pas à venir, c’est peut-être que tu es passé déjà, que je ne t’ai pas reconnu, que tu ne m’as pas retenu, c’est possible, le monde est un corridor d’aléas dans lequel j’en finis pas de prendre froid, mais qu’importe, si on s’est connus déjà, je ne t’en aime que davantage. Je ne t’en veux pas. Et si tu ne viens jamais, ne t’en fais pas, je ne prendrai ça pour que pour du retard".

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