Pages

vendredi, février 13, 2015

Luke ARCHER - Qu’est-ce qu’une attaque verbale et comment y réagissez-vous ?

J'aime bien ce "petit gars". Il propose des formations d'aïkido verbal. Qu'est-ce que c'est que ce truc me direz-vous ? C'est un moyen pacifique et efficace de "gestion" des attaques verbales.
http://www.aikidolebouscat.fr/Aikido/hakama.html

Mais que vient faire l'aïkido là-dedans ? Il vient faire que cette technique s'inspire des concepts propres à l'aïkido.
"L’aïkido se compose de techniques avec armes et à mains nues utilisant la force de l’adversaire, ou plutôt son agressivité et sa volonté de nuire. Ces techniques visent non pas à vaincre l’adversaire, mais à réduire sa tentative d’agression à néant. L’aïkido peut être considéré comme la concrétisation du concept de légitime défense : une réaction proportionnée et immédiate à une agression. En fait, dans l’esprit de l’aïkido, il n’y a pas de combat, puisque celui-ci se termine au moment même où il commenceLe principe de aïkido verbal est de « ressortir chaque fois et dans chaque situation, victorieux par la non-bagarre ». Nous avons souvent des opportunités de blesser, même fatalement, celui qui s’attaque à nous, mais guidés par l’intention d’équilibrer, nous nous abstenons de le faireSa pratique aboutit souvent à apprendre aux autres comment nous souhaitons être traités".
J'y vois un certain parallèle avec la Communication non Violente.
Bonne lecture :-)
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Luke ArcherPour commencer à traiter les attaques verbales, il faut tout d’abord apprendre à les reconnaître. Effectivement, tout comme une attaque physique provoque une douleur
ou une gêne si celui qui la reçoit n’est pas protégé, nous considérons qu’une attaque verbale est une remarque qui provoque une forme de douleur émotionnelle ou une gêne chez celui qui la reçoit. Vous pouvez (comme le font certains novices) établir un lien entre une attaque physique et une attaque verbale ; par exemple, vous pourriez percevoir une accusation comme un coup de poing, ou une insulte comme un coup de tête, et ainsi de suite. Ce n’est pas une nécessité mais cela peut vous aider à repérer les nombreuses formes d’attaques qui existent.
Dans la vie courante, beaucoup d’attaques verbales sont développées en utilisant plus d’une phrase. Elles peuvent s’accumuler au cours d’un laps de temps et peuvent être particulièrement subtiles et ainsi difficiles à isoler clairement. Pour illustrer les différentes formes d’attaques, les exemples dans ce chapitre seront brefs. Gardez en tête que tant le contexte que l’intonation dans l’attaque verbale ont un grand impact, cela au même titre que le contexte et la nature d’une attaque physique. Les attaques verbales les plus courantes sont :
  • les objections,
  • la critique cynique,
  • les reproches et les « voyages de culpabilité » (exemple ci-dessous),
  • les accusations ou les jugements,
  • la tromperie,
  • les insultes,
  • d’autres attaques sur nos conduite ou nos réalisations,
  • d’autres attaques sur nos convictions, valeurs ou identité.
Et si vous pouviez vous défendre rapidement et avec l’agilité contre cette panoplie d’attaques verbales ? Il y a évidemment beaucoup d’autres formes d’attaques qui peuvent créer en vous un sentiment de gêne ; mais, quelles qu’elles soient, en isoler les différentes formes qu’elles peuvent prendre, est le premier pas pour pouvoir les surmonter ! Regardons d’abord quelques exemples de ces attaques afin que nous soyons sur la même longueur d’onde quant à ce qu’elles peuvent impliquer.
Les objections
« Cela ne marchera jamais ! » ou « Et vous croyez vraiment que je serai d’accord avec cela ? »
Cette sorte de réponse à une suggestion ou à une proposition peut souvent être considérée comme une attaque rien que par la franchise du désaccord. Elle marque une opposition forte à toute direction ou plan suggérés ou proposés. Comme pour beaucoup d’autres attaques, elle peut être exprimée sous la forme d’une déclaration ou d’une question.
La critique cynique
« C’est simplement affreux, complètement inutile ! » ou « Et tu appelles cela un effort ? »
La critique n’est pas toujours une attaque. Dans ces exemples, nous relèverons toutefois l’aspect non constructif de ces remarques. Il s’agit plutôt d’une tendance à rabaisser ou à déprécier un contenu, un contexte, un but, ou un point de vue, etc.
Le blâme et les « voyages de culpabilité »
« C’est complètement de votre faute ; vous faites toujours ce genre de truc ! » ou « Pourquoi tu me fais ça, toujours à moi ? »
Le blâme et le reproche sont des façons de tenir quelqu’un pour responsable, dans un sens moral, d’un résultat considéré comme négatif. Ils sont à l’opposé de « faire des louanges » et sont souvent reliés à des « jeux de victime ».
Les accusations ou les jugements
« Vous n’êtes jamais honnête pour quoi que ce soit ! » ou « Tu fais encore du nombrilisme ! »
Ces attaques sont parmi les plus communes et apparaissent en abondance dans le livre. Elles résultent généralement d’une charge de méfaits ou d’une conclusion relative à une attitude ou à un acte.
La tromperie ou le bluff
« Personne ne pourrait vous approuver ! » ou « Alors, fondamentalement, vous me dites que tout ce que j’ai fait est inutile ? Alors, je devrais peut-être tout plaquer ! »
Il existe divers degrés de tromperie. Mentir, chercher le quiproquo, minimiser l’importance d’un fait, dissimuler, exagérer, consciemment ou inconsciemment, ont l’intention d’induire en erreur le récipiendaire du message, d’une façon ou d’une autre.
 —
Comme nous l’avons suggéré plus haut, il peut être utile pour certains d’assimiler ces attaques verbales à leurs contreparties physiques. Mai surtout, il est important de prendre conscience de l’attaque. Plus vous serez prompt à comprendre que votre assaillant critique vos actions ou vous reproche quelque chose, plus vous serez capable de gérer l’attaque avec efficacité. Pour faire une comparaison avec les arts martiaux, vous ne dévierez pas un coup de pied de la même façon que vous dévieriez un coup de poing.
Essentiellement, on considère comme une attaque n’importe quelle parole provoquant un malaise émotionnel en vous, même si les mêmes mots peuvent n’avoir aucun effet sur une autre personne. Dès que vous aurez appris à repérer une attaque, la suite logique sera de découvrir les différents moyens à votre disposition pour les gérer… 

Combat ou fuite : vous réagissez comment face à une attaque ?


Dans cette section, nous regardons la façon que nous avons de réagir quand nous estimons que, quelle qu’en soit la raison, nous sommes attaqués verbalement. Celui qui porte le coup peut ne pas se rendre compte que son approche verbale est perçue comme tyrannique ou offensante, et le malaise généré peut provoquer des réactions très différentes. En effet, au-delà de notre « réponse combat-fuite » instinctive, nous intégrons au cours de notre vie d’autres façons de réagir face à des situations perçues comme menaçantes ou stressantes. Voici quelques représentations visuelles de nos façons de réagir, valables tant pour les attaques physiques que verbales[1] :
[1] Illustrations par Nabil et d’après Martin Whitmore (The Usual Error de P. & K. Smith)
aikido.verbal.img01
Figure 1.1 – La contre-attaque (réponse « combat »)
Les représailles brusques -ou contre-attaque- sont une réaction très courante face à une attaque, mais elles ne contribuent qu’à une escalade d’émotions de plus en plus chargées au fur et à mesure de l’échange. De plus, contre-attaquer nous expose à essuyer d’autres attaques, l’agresseur pouvant prendre avantage de notre manque de contrôle de soi.
aikido.verbal.img03
Figure 1.2 – Se retirer (réponse « fuite »)
Les motivations pour fuir une attaque peuvent venir de la confusion, de la crainte et même de la rage. La fuite est rarement une réaction initiale face à une attaque verbale, mais elle surgit souvent comme une stratégie si d’autres réactions ont été utilisées sans succès. Il est plus courant de réagir par une fuite intérieure ou par la rêverie.
aikido.verbal.img02
Figure 1.3 – Ne rien faire (réponse « paralysie »)
La réponse de paraître assommé est assez courant dans les situations où la hiérarchie est présente, mais son résultat en est souvent une accumulation de tensions. Cela peut être une réaction délibérée afin d’être perçu comme « patient » ou « tolérant » ; ce peut être aussi une réaction inconsciente -quand la personne devient muette, par exemple-  du fait d’une incapacité à savoir que faire. Dans tous les cas, cette réaction peut chroniquement provoquer une agressivité passive, qui peut à son tour être à l’origine d’une « explosion volcanique ». Cette explosion peut être dirigée envers quelqu’un sans aucun lien avec l’échange ou bien envers l’attaquant, mais elle sera communément considérée irrationnelle, exagérée ou inappropriée.
aikido.verbal.img04
Figure 1.4 – Justification (réponse « opposition »)
La réaction naturelle à un flot d’accusations est souvent de se justifier. Bien que cette défense ait souvent l’intention d’équilibrer une situation, elle a tendance à être inopportune dans le cadre d’une situation conflictuelle où l’attaquant a rarement l’intention de recevoir des informations.
aikido.verbal.img05
Figure 1.5 – Divertir l’attention (réponse « distraction »)
La distraction peut être une technique tout à fait efficace et peut temporairement désamorcer une attaque. Elle peut pourtant facilement échouer quand l’attaquant se rend compte que l’on essaie de le duper.
aikido.verbal.img06
Figure 1.6 – Aï-ki (rééquilibrer l’énergie)
La réponse d’Aï-ki est celle qui vise un résultat émotionnel positif. L’un de ses effets secondaires est qu’elle donne à l’attaquant une opportunité d’apprendre comment traiter celui qu’il est en train d’agresser.
Vous avez peut-être déjà constaté qu’une réaction spécifique ne peut être forcément appropriée à tous les contextes. Mais les exemples ci-dessus vous ont probablement fait penser à certaines situations conflictuelle que vous avez pu vivre dans le passé, et à la façon dont vous les avez gérées. La première étape en Aïkido Verbal ouvre la porte à votre capacité de choisir consciemment la réaction la plus appropriée, selon la situation. Cette capacité s’obtient par le développement de votre prise de conscience d’un espace existant entre un stimulus et votre réponse.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Envie de dire quelque chose ? Lancez-vous :-)